Courrier international
8 août 2003
Vacances virtuelles à l’italienne
Trois millions d’Italiens préfèrent s’inventer de fausses vacances plutôt qu’avouer qu’ils ne partiront pas. C’est le résultat étonnant d’un sondage publié lundi 4 août dans le quotidien italien “Il Messaggero”. “Barricadés chez eux, le réfrigérateur rempli à craquer, le portable éteint et la télévision allumée plus de dix heures par jour”, c’est ainsi que ces vacanciers virtuels tuent le temps pendant que leurs proches les croient en train de bronzer sous les tropiques.
L’organisation du faux voyage les oblige à avoir recours à toutes sortes d’astuces qui leur permettront de rendre leur “retour” encore plus réaliste. Ils seront 24 % à acquérir une lampe à UV ou une crème autobronzante et 13 % vont s’acheter des souvenirs touristiques par Internet. Pour être parfaitement insoupçonnables, certains iront même jusqu’à utiliser les progrès de la technologie pour faire parvenir à leurs amis des cartes postales envoyées depuis leur lieu de vacance imaginaire.
Si ces chiffres font sourire, ils renvoient cependant à une réalité qui préoccupe “Help me”, l’association caritative de psychologues italiens, qui est à l’origine de l’enquête. Le phénomène des fausses vacances n’est pas nouveau pour eux. Le film italien “Mari del Sud”, sorti il y a deux ans, racontait l’histoire d’un homme d’affaires ruiné qui décide de se cloîtrer chez lui pendant deux semaines plutôt que reconnaître qu’il ne peut pas partir en vacances.
Mais les difficultés économiques ne suffisent pas à expliquer l’attitude des vacanciers virtuels. Le psychologue italien Massimo Lattanzi, interrogé par “Il Messaggero”, y voit un signe de solitude et de détresse psychologique : “Les relations humaines sont de plus en plus feintes ou superficielles. Les gens consultent leur carnet d’adresses et constatent qu’ils n’ont pas d’amis pour partir en vacances avec eux. Finalement, ils préfèrent rester seuls et prostrés face à leur immense vide intérieur.”
LB
© Courrierinternational.com
D'après un article paru sur Branchez Vous.com
Porn Star Academy Suivant les traces de la populaire émission Star Académie, un site pour adultes a décidé de lancer Pornstar Académie, un concours similaire pour le monde du X. Bien qu'aucun candidat ne soit encore listé, Pornstar Académie compte former un groupe de 4 hommes et 6 femmes qui recevront des leçons sur le métier de hardeur. Chaque semaine, une soirée de concours sera filmée et diffusée sur le site PornstarAcademie.com (site pour adultes, interdit aux moins de 18 ans). Le public pourra ainsi voter pour son académicienne ou académicien préféré. On peut se demander ce qu'en penseront les producteurs de Star Académie qui ont déjà envoyé une injonction aux propriétaires du site de parodie Star Épidémie leur demandant de fermer leur site. Mais ceci n'inquiète pas les propriétaires de Pornstar Académie qui estiment que le seul point commun avec la célèbre émission de télévision est l'idée de base d'une académie, le site Web ayant un design complètement différent et les détails du fonctionnement du concours n'étant pas les mêmes.
(21 mai 2003)
Polartravel.com
LONDRES (Reuters) 22 mai 2003 - Un aventurier britannique surnommé "le brise-glace humain" en raison de sa détermination à atteindre le pôle Nord géographique a accompli un nouvel exploit.
Tirant un traîneau insubmersible derrière lui, Pen Hadow, 41 ans, a parcouru les 770 kilomètres séparant la côte nord du Canada du le pôle Nord à ski, à pied et à la nage. Il a atteint son but lundi, en 64 jours, devenant apparemment le premier homme à accomplir cette prouesse.
"Le premier sentiment qui m'ait envahi, écrasant, était un soulagement total", a déclaré Hadow, à Resolute Bay dans l'Arctique canadien, au Times qui avait suivi son expédition.
"Mais je suis épuisé. E-pui-sé", a-t-il ajouté.
La technique de Hadow, qui nage dans les eaux gelées entre les plaques de glace dans une combinaison de plongée spéciale, le distingue des autres explorateurs.
"Il évite ainsi de faire de grands détours pour contourner l'eau", explique-t-on sur son site internet, www.polartravel.co.uk. "Mais il devient une proie potentielle pour n'importe quelle baleine tueuse ou ours polaire qui constitueraient une menace en-dessous, dans l'eau sombre et profonde."
Hadow n'a pas rencontré de signes de vie durant son périple que l'un de ses confrères, l'explorateur Sir Ranulph Fiennes, a décrit comme "un des derniers grands défis d'endurance au monde".
"Invincible est le mot qui vient à l'esprit", estime Mary, la femme de Hadow, sur son site internet.
L'explorateur n'a pas reçu de soutien sous la forme de largages aériens de nourriture ou de carburant, mais une équipe improbable lui tenait compagnie : "Mavis", un balai à neige, et "Baskers", son traîneau de 127 kilos.
Hadow a découvert à un moment donné de mystérieuses empreintes de pieds humains, avant de réaliser qu'il avait tourné en rond.
Il avait auparavant perdu un de ses skis, après être tombé à travers une mince couche de glace dans l'eau glacée. Au lieu de battre en retraite, il a continué à pied.
Cet article appartient à Courrier International
DÉCRYPTAGE
La télévision, arme de guerre
Le Canadien Marshall McLuhan fut le prophète mondial des médias dans les années 60. Et son oeuvre est toujours d’actualité pour comprendre et interpréter le rôle de la télévision dans la deuxième guerre d’Irak.
Il a forgé le concept de «village global», constaté que «le média est le message» et distingué deux sortes de médias, les chauds et les froids. Avec ses deux oeuvres majeures — «La Galaxie Gutenberg» et «Pour comprendre les médias» — le chercheur canadien Marshall McLuhan, mort en 1980, a été «un prophète des années 60», affirme «The New York Times». Et ses «prédications» d’alors sont plus que jamais d’actualité, estime le quotidien. En particulier, elles se révèlent bien utiles pour jeter un nouveau regard sur la deuxième guerre d’Irak.
«Le coup de génie de McLuhan est d’avoir su ancrer sa théorie dans les sens humains et donc de concevoir les médias comme une extension du corps humain, le livre comme un prolongement des yeux, la radio comme continuation des oreilles...», estime «The New York Times». En ce sens, il concevait même une arme comme un média !
Le Canadien séparait les médias en deux genres : les chauds, comme le texte, qui donne des faits et laisse peu de place à l’interprétation ou à la participation. Les froids, qui font l’inverse. En outre, il croyait que chaque nouvelle technologie transformerait l’humanité et la traumatiserait. «Nous créons nos outils, et nos outils nous créent», affirmait-il. Par exemple, il écrivait en 1964 que «les villes constituent un bouclier collectif, une armure, une extension de notre peau».
La télévision, un média froid
Et dans le désert irakien, reprend le journal de la Grosse Pomme, «les chars qui roulaient étaient des extensions de nos jambes, les bidules pour voir la nuit des prolongements de nos yeux». Et les caméras embarquées ? Marshall McLuhan percevait la télévision comme un média froid, notamment parce que ses images de faible qualité laissaient selon lui beaucoup de place à l’interprétation. «Il n’a pas connu la haute définition», lui pardonne «The New York Times», et à y bien penser «les mauvaises images envoyées d’Irak correspondent bien à sa définition.»
«Alors, quand un média froid comme la télévision est attaché à une arme chaude comme un char, il exerce un invraisemblable pouvoir sur son auditoire», constate «The New York Times». «D’un seul coup, chaque spectateur est projeté dans la guerre : s’il y a une tempête de sable, celui qui regarde sa télévision ne peut voir mieux que les troupes ; si les combats sont faciles, le public peut croire que la guerre sera rapide et facile ; si la caméra est attachée à une ‘bombe intelligente’, le spectateur est la bombe !»
«Téléspectateur»
McLuhan avait parfaitement saisi l’importance de ce genre d’expérience «télévisuelle tactile». Il avait notamment observé un étrange effet lors d’une opération projetée en gros plan et en direct à des apprentis chirurgiens. «Les étudiants perdaient le sentiment de regarder pour celui d’opérer, écrivait-il. Ils avaient l’impression de tenir le scalpel.» De la même manière, relève «The New York Times», avec la guerre télévisée, «le téléspectateur devient membre de l’armée d’invasion». Même le service météo a participé à l’illusion : «Il donnait deux bulletins : soleil sur New York, tempête de sable à Bassorah.»
Mais alors que «le public devenait membre de l’armée, l’armée devenait membre de le public. Dans un avion transporteur de troupes, des soldats regardaient CNN pour savoir comment se déroulait le conflit.» Et le journal d’enfoncer le clou : «On ne sait plus qui est acteur, qui est spectateur. Et cette histoire de journaliste «embedded» (enrôlé, embarqué) a porté la confusion à son comble.»
Les caméras sont des armes
Or, durant la deuxième guerre d’Irak, l’image a été primordiale. «Si Saddam Hussein pouvait se montrer à la télévision comme étant encore le chef, il était encore le chef. Si les Etats-Unis pouvaient montrer au monde qu’ils étaient en train de gagner la guerre, ils étaient en train de gagner la guerre.» Un spécialiste de McLuhan a fait remarquer que dans un univers rempli de satellites, la planète devenait une scène, et que l’expression «théâtre des opérations» était alors à prendre au sens propre.
«Voilà quarante ans, remarque «The New York Times», Marshall McLuhan notait que la guerre était de moins en moins ‘chaude’, s’éloignait des chars et des soldats pour rejoindre une version plus froide, plus ‘participative’ pour le public. C’est ainsi qu’il comprenait la notion de guerre froide, qu’il décrivait comme ‘une bataille électrique d’informations et d’images’.» Et le quotidien de conclure : «Les caméras sont des armes, et ce n’est pas par hasard que dans son ouvrage ‘Pour comprendre les médias’ McLuhan mettait le chapitre armement juste après celui consacré à la télévision. La bataille en Irak a été menée avec des armes froides montées sur des armes chaudes. C’est maintenant la guerre tiède dans le village global.»
Eric Glover
© Courrierinternational.com, le 28 mai 2003.
«Je me suis sentie vraiment désintoxiquée quand, un matin, je n'ai plus pu
supporter la Télévision. Dans les «vaps» — quand j'en avais plein les
veines, quoi — et que je voulais que ça dure, je regardais la Télévision des
heures entières, j'adorais ça. Qui peut prédire l'avenir ? Une autre comparution devant les tribunaux ? Certainement. Une autre détention ? Peut-être. Mais si vous êtes désintoxiquée, et que vous vous fichez de la Télévision, aucune prison sur terre ne vous fera trop peur.»
Billie Holiday, Lady sings the blues, solar, 1973, p. 257 et dernière.
Merci Christian pour cette citation
A découvrir : le site "Balles perdues"
« Face au conditionnement de masses, à l'hypnose collective induite par la télévision, au poids de la publicité devenue cadre de vie, que pèsent les réactions d'individus solitaires, voire de groupes entiers ? Contre le pouvoir, l'écrit paraît souvent n'être qu'une balle perdue. Mais les balles perdues, quelquefois, frappent là où on ne les attend pas. Et elles balisent la voie d'une riposte mieux ajustée. »
Balles perdues est, à l'origine, un livre publié par Slobodan Despot (mars 2002).
Chroniques martiennes, de Xavier Cahen
Allez lire ces "Chroniques Martiennes" artistiquement mises en pages et remarqualblement valorisées. Lisez surtout l'avant-propos dont les préoccupations rejoignent en partie celles d'Hypnosis. Félicitations à l'auteur.
Article original
Les effets secondaires de l'échographie (de Kurt Cobain à Brandy)
Les examens prénataux déclenchent une nouvelle forme d'angoisse chez les futures mères. L'imagerie médicale serait-elle devenue un spectacle?
PAR GENEVIEVE GRIMM-GOBAT
On dit que Kurt Cobain a décidé d'appeler sa fille Frances Bean quand il l'a vue apparaître sur l'échographie. Le petit foetus ressemblait à un haricot («bean»).
C'est également à la suite d'une échographie que la chanteuse Brandy, enceinte de cinq mois, a annoncé qu'elle attendait une petite fille. La chaîne MTV a aussitôt transformé en feuilleton -- «Diary Presents: Brandy-Special Delivery» -- ses dernières semaines de grossesse.
Sarah Jessica Parker, l'héroïne de «Sex and the City», ne l'a pas imitée. Le 28 octobre dernier, elle donnait naissance à James Wilke au terme d'une grossesse «à l'ancienne». L'actrice ne collera pas, comme la plupart de ses copines, des photos d'échographie sur l'album familial. Elle n'a pas souhaité voir son enfant avant l'accouchement; une attitude devenue rare.
Depuis peu, les Américaines peuvent s'offrir des échographies de leur fœtus au centre commercial. Avides de souvenirs de leur «baby-to-be» (bébé à venir), les futures mamans repartent de ces boutiques-studios avec quatre photos et une vidéo de dix minutes montée sur fond musical, le tout pour 75 dollars.
C'est la société Fetal Fotos qui a lancé ce concept. A quand l'étape suivante, à savoir une sonde sur son ordinateur pour effectuer soi-même l'échographie?
Si l'imagerie médicale prend des aspects ludiques, elle reste avant tout un moyen de diagnostic permettant de déceler des anomalies à un stade précoce et, dans certains cas, de les traiter in utero. Depuis la fin des années 70, l'échographie se banalise. La grossesse, surmédicalisée, devient source d'angoisse pour les parents, ce que dénonce Didier Sicard dans «Une médecine sans le corps», paru aux éditions Plon.
Le professeur français estime que la naissance d'un enfant est devenue, au nom de la sécurité, un véritable parcours du combattant. «Je ne parle pas de l'assistance médicale à la procréation, je parle des grossesses normales. En réalité, 97% des femmes enceintes ne sont porteuses d'aucunes anomalie et il est impressionnant de constater que ces 2 ou 3% de grossesses anormales ont fini par inquiéter 100% des femmes enceintes, qui vivaient auparavant leur grossesse dans la sérénité.»
Un constat que partage le docteur Paul Janecek, privat-docent à l'Université de Lausanne. «Nous pratiquons un trop grand nombre d'examens. Nous gâtons les patientes en leur montrant tout ce qu'il est possible de voir. En fait, cela les sécurise si tout est normal, mais la moindre petite phrase anodine, quant à une position quelque peu bizarre de l'ombilic, par exemple, et c'est l'angoisse. Personnellement, je ne laisse pas percevoir le moindre petit doute et demande un deuxième avis à un collègue avant d'évoquer un problème devant les parents.»
«En trente ans, l'angoisse des femmes durant la grossesse s'est considérablement accrue, c'est sûr», déplore-t-il, tout en se disant persuadé qu'à l'avenir, ce désir de voir, et non seulement d'entendre le fœtus, va aller en s'amplifiant.
L'héroïne de «Sex and the City» craignait-elle cette nouvelle forme d'angoisse née d'examens prénataux, qui fait passer la future mère, à court intervalle, de l'anxiété à la sécurité ou vice versa?
Une étude menée par le Centre d'évaluation des choix technologiques («Aspects psychosociaux des examens échographiques durant la grossesse») montre que 30% des femmes interrogées n'étaient pas conscientes avant la première échographie qu'un diagnostic de suspicion pouvait contraindre à décider dans la précipitation de l'urgence médicale de mettre ou non un terme à leur grossesse. Un dilemme décisionnel extrêmement pénible.
La pression croissante qu'exercent sur les futurs parents les connaissances médicales et les techniques d'analyse est devenue très forte. Trop forte? Dans son ouvrage, Didier Sicard cite l'exemple d'une femme qui voulait arrêter sa grossesse parce que les échographistes faisaient grève... «Elle ne voulait poursuivre sa grossesse que si elle était assurée de la normalité de son fœtus.»
Une normalité qu'aucun échographe honnête ne saurait lui garantir. En Suisse, un document est, en principe, remis à toute future mère par son gynécologue avant le premier ultrason. On peut y lire: «Lorsque l'examen échographique est dans les limites normales, vous pouvez en conclure avec une grande probabilité que tout est effectivement en ordre. Mais il n'est pas possible de garantir sur cette seule base que votre enfant est effectivement exempt de tout problème.»
Suivent les pourcentages avec lesquels on peut diagnostiquer les problèmes sévères (90%), des anomalies moins graves (75%) et les anomalies plus discrètes (30%). Comment gérer l'incertitude qu'expriment ces chiffres?
Le principal intéressé, l'enfant à naître, n'a pas d'avocat. Le docteur Janecek reconnaît qu'en cas d'anomalie, c'est une équipe composée d'un échographe, d'un généticien, du gynécologue et du couple qui prend la décision. Une décision où seul intervient l'intérêt des parents.
Qu'en pense Emmanuel Hirsch, directeur de l'Espace éthique de Paris? «Je ne suis pas certain que, d'un point de vue éthique, on ait à voir l'enfant à naître. J'ai le sentiment que c'est un lieu intime et que nous sommes un peu voyeurs», affirme-t-il.
Fetal-fotos.com :http://www.fetal-fotos.com/
Bush en poupée parlante
A vendre : poupées à l'effigie du président des Etats-Unis, George Bush himself. Une intitiative de la société de fabrication Talking Presidents. Déjà plus de 8.000 clients...
L'article vient de là (Le Monde)
Les tristes business du 11 septembre
Scandale à New York... Un jeu de cartes à échanger à l'effigie des victimes des attentats du 11 septembre doit sortir pour les fêtes de fin d'année. La série comportera 202 cartes : 170 personnages réels, avec photos et biographies à l'appui, et 32 cartes thématiques aux titres racoleurs tels que "quand un enfant pleure" ou "pourquoi les tours se sont-elles effondrées ?". Le maire de New York, Michael Bloomberg, crie au sacrilège et accuse Kingsley Barham, créateur du jeu, de chercher à tirer profit des victimes. Soutenu par la presse, il a annoncé sa ferme intention de trouver un moyen juridique d'interdire la vente des cartes.
Pour l'instant, rien n'empêche Kingsley Barham de distribuer le jeu "Héros du World Trade Center". Spécialiste de ce secteur d'activités, le businessman s'est soigneusement entouré d'hommes de loi. Sa société, Chestnut Publications, a déjà produit des cartes à échanger sur le cannabis et la marijuana. Interrogé par le New York Post, Kingsley Barham avoue avoir arrêté leur publication après les attentats du 11 septembre : "Cela m'a pris une semaine pour réaliser que la nation se recentrait sur les grandes valeurs et que je n'allais plus vendre de cartes sur le cannabis." Bref, le business des héros devait rapporter plus.
Au printemps 2002, l'homme d'affaires avait déjà ciblé son nouveau produit. Armé des noms et numéros de téléphone collectés dans les articles de journaux et sur Internet, il a contacté des familles endeuillées. En échange des droits de copyright de la photo de leur proche et des informations données, chacune était assurée de recevoir 8 % sur les ventes de la carte. Si la plupart des familles ont été scandalisées, un peu plus d'une centaine ont accepté. Il semble que l'opération de M. Barham ait été pour elles l'occasion d'une thérapie. Frank Saiya, frère d'une victime, a déclaré que les cartes lui "permettent d'aller à la rencontre des autres". Lynn Faulkner, quant à lui, a créé une fondation au nom de sa défunte femme et compte reverser la somme récoltée à des organisations caritatives. Fort de tels témoignages, Kingsley Barham s'offusque de la campagne menée contre lui. Selon lui, il n'a jamais été question de faire du profit mais de rendre hommage aux victimes en dévoilant leurs personnalités.
Les cartes à échanger sont très populaires auprès des jeunes Américains. A l'origine, elles représentaient des joueurs de base-ball, mais elles s'intéressent de plus en plus à d'autres sujets. Chestnut Productions n'est pas la première compagnie de jeux de cartes à exploiter le thème des attentats du World Trade Center. Topps Company, leader du secteur, a créé une série sur les personnalités publiques et les équipements militaires en relation avec les événements. A quand les cartes sur les pompiers ou les terroristes du 11 septembre ?
Amélie de Mauraige
L'article vient de là (Largeur.com)
L'appareil électronique qui traduit les aboiements
Le traducteur de langage canin arrive en Europe. Les spécialistes du comportement animal accueillent ce gadget avec un intérêt amusé.
PAR MADELEINE BROT
L'appareil fait fureur au Japon et devrait apparaître sur les marchés européens dans le courant de l'année prochaine. En six semaines, ce traducteur de langage canin a déjà été vendu à 30 000 exemplaires dans l'archipel. Son fabricant, le géant du jouet Tanaka, s'est fixé un objectif de deux millions de ventes à l'étranger d'ici à mars 2004.
Bowlingual, c'est son nom, se compose d'un micro attaché au collier du chien qui capte et retransmet les aboiements à une petite console tenant dans la main de son propriétaire. La console compare ensuite les sons à des courbes préenregistrées et les classe selon six grandes catégories: frustration, menace, joie, chagrin, demande et expression libre. Au sein de ces catégories, des phrases reflétant l'état émotionnel de l'animal, comme «je suis triste», «j'en ai marre», «j'ai faim» ou encore «je vais exploser», s'affichent alors sur l'écran.
Pour mettre au point Bowlingual, les ingénieurs de Tanaka expliquent avoir travaillé avec une clinique vétérinaire et un laboratoire acoustique, lequel a développé un «système d'analyse des émotions animales» en appliquant les technologies de la reconnaissance vocale aux aboiements. D'après les chercheurs, l'invention est compatible avec plus de 50 races, allant du chihuahua au berger allemand. D'autres fonctions de l'appareil permettent de jauger l'état d'esprit général du chien. Le «journal ouah-ouah» effectue une synthèse des résultats quotidiens, tandis que le «baromètre de l'amitié» se prononce sur les sentiments de l'animal envers son maître...
L'arrivée de ce gadget est considérée avec amusement et scepticisme du côté des spécialistes du comportement animal. Colette Pillonel, vétérinaire-comportementaliste auprès de l'Office vétérinaire fédéral, souligne qu'il est de toute façon très difficile d'interpréter l'humeur d'un chien en se basant sur ses seuls aboiements. «Le langage du chien est extrêmement évolué, mais les vocalises n'en sont qu'une partie. Il communique surtout de manière visuelle et olfactive, par des postures, des mimiques, des odeurs, bref tout un catalogue d'expressions. En fait le chien peut dire beaucoup de choses sans émettre aucun son», explique-t-elle.
Les chercheurs de Phérosynthèse, laboratoire français spécialisé en éthologie (science des comportements animaux), estiment également qu'il existe un «langage chien» transcendant les races. Selon le chargé de recherches Emmanuel Gaultier, la démarche de Bowlingual n'est pas inintéressante en soi – toute prétention scientifique mise à part, et pour autant que l'on puisse s'appuyer sur un large échantillonnage.
«Très peu de recherches ont été effectuées dans ce domaine, mais une collègue américaine a ouvert la voie récemment lors d'un congrès. Elle se montrait très prudente quant à une possible interprétation humaine des vocalises canines», explique-t-il.
Le fabricant Tanaka déclare quant à lui vouloir «développer des jouets visant à améliorer la communication entre humains et animaux». Déclaration sibylline qui lui a valu de remporter cet automne le «Prix Ig Nobel de la Paix entre les espèces», une récompense humoristique attribuée depuis douze ans à Harvard par un groupe de scientifiques farceurs à des recherches «qui ne devraient pas être reproduites». Quant au magazine Time, il s'est apparemment laissé séduire par Bowlingual, qu'il a classé parmi les meilleures inventions de 2002.
Domination du chien
Le Bowlingual pourrait avoir des conséquences paradoxales sur le rapport maître-chien. Les éthologues et comportementalistes, comme Colette Pillonel de l'Office vétérinaire fédéral, soulignent que le chien, très doué pour l'apprentissage, pourrait détourner cet appareil à son profit, en enseignant à son maître à lui obéir.
En d'autres termes, si le chien constate que le même aboiement – celui qui déclenche par exemple l'affichage de la phrase «j'ai faim» sur l'écran – produit le même effet, à savoir l'arrivée d'un bol de nourriture, le chien pourrait intentionnellement apprendre à répéter cet aboiement pour s'empiffrer à sa guise! Pour autant que son propriétaire soit dupe, bien sûr.
A terme, le gadget de Tanaka pourrait donc générer une situation d'arroseur arrosé dans le sens où, finalement, le chien se sert de l'appareil pour obtenir ce qu'il veut de son maître et le manipuler comme il lui plaît.
Bientôt des sous-vêtements "top secret" en Allemagne
BERLIN (Reuters) - Les services secrets allemands (BND) ont décidé d'améliorer leur image auprès du public en apposant leur logo sur des objets de la vie courante, y compris des sous-vêtements masculins, qui seront mis en vente dans une boutique qu'ils ouvriront à Berlin l'an prochain.
"Nous pensons qu'il y a un réel intérêt du public pour des articles frappés du logo du BND", a déclaré une porte-parole des services d'espionnage allemands, Michaela Heber. "Il y a eu une nette hausse de la demande, surtout depuis que d'autres services de renseignements étrangers, comme la CIA, ont commencé à vendre leurs propres T-shirts et ce genre de choses."
Dans sa boutique, le BND offrira aux curieux des T-shirts, des crayons, des calendriers, des règles, du papier à lettres, des vestes ainsi que des sous-vêtements masculins portant son logo - l'aigle allemand.
Les sous-vêtements ne porteront pas seulement le logo, mais aussi des mentions comme Verschlussache (Classifié), Streng Geheim (Top Secret) ou Amtlich Geheim Gehalten (Confidentiel).
Selon sa porte-parole, le BND ne cherche par cette entreprise qu'à améliorer son image, alors que le service jusqu'alors fort discret - notamment pendant la Guerre froide -, fait depuis plusieurs semaines les choux gras de la presse en raison des menaces d'attentats
Le Monde Interactif
Les nouveaux mendiants du Web
En faisant appel à la générosité des internautes, une jeune Américaine a réussi à rembourser une bonne partie de ses dettes. Une première qui suscite de nombreuses réactions et imitations.
Depuis juin dernier, Karyn Bosnak fait la manche. Non pas dans les rues de Manhattan, où la mendicité est strictement réglementée, mais sur le Web. Il faut dire que cette New-Yorkaise de 29 ans n'est pas une mendiante ordinaire : elle gagne confortablement sa vie comme productrice d'émissions télévisées.
Consultez également
www.savekaryn.com
Le site de Karyn Bosnak.
Les cyber-mendiants
Le site de Yahoo consacré aux cyber-mendiants. Ce qui l'a ruinée, avoue-t-elle, c'est d'avoir utilisé à tort et à travers ses six cartes de crédit. Chez Gucci et Prada, entre autres.
Afin de rembourser ses 20 000 dollars de dettes, elle a donc eu l'idée de créer un site : SaveKaryn.com. Sur la page d'accueil, elle expose le plus naturellement du monde sa situation et demande aux internautes de lui envoyer un ou deux dollars, voire plus. En échange, elle raconte avec humour ses efforts quotidiens pour vivre enfin selon ses moyens. Et donne régulièrement des nouvelles de son chat.
Grâce au bouche-à-oreille et à la publicité gratuite que lui ont faite les médias américains - du New York Times à People Magazine, en passant par la chaîne de télévision NBC -, les internautes anglophones ont massivement répondu à l'appel. Le 10 novembre, Karyn avait recueilli environ 13 000 dollars de dons en espèces... Fine mouche, elle a bien sûr pensé à équiper son site du système de micro-paiement PayPal. La plupart des bienfaiteurs n'ont versé que quelques dollars, comme cet ingénieur de 27 ans qui juge le site "au moins aussi divertissant qu'un DVD qu'il aurait pu louer pour 5 dollars". Beaucoup disent aussi agir par compassion, parce qu'ils ont eux-mêmes connu des problèmes d'argent, ou qu'ils apprécient la candeur et la débrouillardise de Karyn.
Bien entendu, Karyn ne s'est pas fait que des amis. Les forums de discussion en ligne regorgent de commentaires rageurs : "Cette fille incarne tous les maux de l'Amérique d'aujourd'hui : matérialisme, cupidité et irresponsabilité", grince un internaute. D'autres la traitent de parasite et lui reprochent de recueillir des dons "qui devraient aller en priorité à ceux qui en ont vraiment besoin". Mais qui n'ont pas les moyens de créer un site Web et ne sont pas aussi médiatiques. "Ce n'est que de la jalousie", réplique l'accusée, qui se dit aussi étonnée du succès de l'opération que de la violence des réactions qu'elle a provoquées. En ajoutant semaine après semaine ses propres économies aux dons reçus et en vendant sur eBay sa garde-robe luxueuse, elle vient de rembourser l'intégralité de ses dettes.
De nombreux sites ont fait leur apparition à la suite de SaveKaryn.com. D'abord ceux des détracteurs, comme SaveKarynNot.com, qui, de juillet à octobre, a incité les internautes à ne donner qu'à des organismes caritatifs. Ou, dans le registre satirique, DontSaveKaryn.com, qui promet de dépenser le plus stupidement possible l'argent qui lui sera versé. Et puis il y a tous les copieurs, humoristiques ou misérabilistes, mais de plus en plus nombreux. A tel point que le portail Yahoo.com recense une nouvelle catégorie de site : les cyber-mendiants. Des étudiants criblés de dettes, un cinéaste fauché, un amateur de BMW et une femme au foyer rêvant de divorcer tentent ainsi de faire appel à la générosité des internautes. Sans grand succès, pour l'instant. Certains sites semblent toutefois éveiller plus de sympathie, comme celui d'une Canadienne qui collecte des fonds pour, dit-elle, payer ses frais médicaux.
"Il semble que Karyn ait bénéficié de l'effet de nouveauté, qui se dissipe rapidement sur le Web", analyse Steve Jones, professeur de communication à l'université de l'Illinois et auteur de plusieurs ouvrages sur la cyber-culture. Car si quelques-uns avant elle ont eu l'idée de quémander en ligne (comme sur www.Sendmeadollar.com), Karin Bosnak est la première à avoir connu un tel succès.
"Mais, ce qui est surprenant, ajoute Steve Jones, c'est que tant de monde ait continué à donner de l'argent sur le Web, alors que la plupart des demandes de fonds sont des escroqueries et qu'il est difficile de savoir où va l'argent versé." Si le phénomène s'amplifie, les fournisseurs d'accès à Internet seront-ils tentés, comme certains dirigeants, de réprimer la mendicité ? En attendant, Karyn poursuit sa carrière de cyber-mendiante de luxe. Aux dernières nouvelles, elle aurait signé un contrat avec une maison d'édition afin de publier le récit de ses aventures, et négocierait avec un producteur la vente de ses droits cinématographiques. Faire la manche a rarement été aussi lucratif.
Chantal Dussuel
Le site de Karyn Bosnak.
Les cyber-mendiants
Le site de Yahoo consacré aux cyber-mendiants.
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HYPNOSIS, le monde est hypnotisé; il fait n'importe quoi
Retrouvez l'ancien HYPNOSIS
LES GENS (vous savez comment ils sont)
LA SIESTE. Le portail de la sieste
MON DIMANCHE, Revue populaire illustrée
LOS PARANOS. On cherche à nous rendre paranos, or nous le sommes déjà!
ANTIFOOT. Les nuisances du football
PAS GLOP ! Le site des non-réjouis
TRIPPED CHURCH INC. L'église des plombs pétés
AMPHIGOURI. Revue de textes idiots
POPOULOUS REPUBLIC. Tout sur la banane, car nous vivons en république bananière
DON'T DISTURB. Les nuisances publicitaires
METEOMIZIO :le premier journal intime prévisionnel.
Pitas.com : ils hébergent cette page.
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